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9 janvier 2014 4 09 /01 /janvier /2014 19:19

 

Une plateforme d'enregistrement des œuvres, développée par ses futurs utilisateurs : un projet d'utilité publique

 

 

Introduction (position du problème, approche générale)

Les oeuvres de l'esprit occupent tout le terrain

 

> L'environnement numérique met tous les acteurs à égalité,

sans effacer leur identité

 

Notre droit d'auteur actuel n'est pas adapté à la nature du terrain

Les qualifications légales et la pratique contractuelle doivent basculer en mode Envoyer/Recevoir

Une plateforme d'enregistrement des œuvres, développée par ses futurs utilisateurs: un projet d'utilité publiqueL'exception culturelle française doit être remplacée par un principe, le principe culturel français.


Autrefois, le dispositif technique permettant d'enregistrer de la musique et celui permettant de l'écouter étaient aux antipodes l'un de l'autre (un studio avec quelques tonnes de matériel d'un côté, un "tourne-disque" de l'autre). Un monde séparait producteurs et amateurs de musique. Les machines proposées au public se limitaient à la fonction "lecture". Aujourd'hui des logiciels d'une valeur de quelques centaines d'euros permettent d'enregistrer de la musique grâce à un simple ordinateur personnel, et cela avec une qualité professionnelle. Celui qui peut consommer peut engendrer. Il y avait bien une différence de nature entre une caméra Super 8 des années 60 et un poste de télévision de la même époque. Ce fossé a disparu. "Fichier/Ouvrir", "Edition" et "Fichier/Enregistrer sous…" sont voisins. Il n'y a pas à changer de dimension pour passer de la consommation à la production. L'Etherciel est le lieu où rien ne se perd, tout se crée, tout se transforme, à volonté, facilement, car la consistance des choses est toujours et partout la même. Le milieu met tous les acteurs à égalité dans le domaine de la fabrication des œuvres.

Il en va de même pour leur diffusion. A l'époque, il fallait déployer des moyens considérables pour émettre en direction des écrans. Les heureux élus étaient peu nombreux et formaient une catégorie à part (n'importe qui ne peut pas se payer le sommet de la Tour Eiffel). Dans l'Etherciel, réceptions et émissions sont comme cousues ensemble. Si l'émetteur de la Tour Eiffel a cessé d'émettre, c'est parce qu'il existe désormais en France des millions de petits émetteurs, qui sont autant d'émetteurs/récepteurs. Lancer des émissions n'est plus un privilège. Lancer des émissions est à la portée du premier venu. Les serveurs, et donc ceux qui les utilisent et les alimentent, sont sur un pied d'égalité. Il n'y a pas deux catégories avec d'un côté les serveurs qui émettent, pour les artistes, et de l'autre les serveurs qui réceptionnent, pour le public. L'environnement ne reconnaît qu'une sorte de serveur, avec les mêmes possibilités.


Tous égaux devant TCP/IP ! (ceci n'est pas un slogan, mais un fait).

 

Conséquence : il n'y a désormais qu'un seul type d'interlocuteur, un point dans le flux, un nœud de communication, un émetteur/récepteur. Si sa puissance varie, son rôle est toujours le même, il ne fait que deux choses : émettre et recevoir, de manière permanente ou intermittente. La barrière entre ceux qui émettent et ceux qui reçoivent, ceux qui vendent et ceux qui achètent, a vécu. Du côté du législateur, la question n'est donc plus de savoir comment les créations sont transmises des premiers aux seconds. La question est de définir les droits et obligations de l'opérateur dans la circulation des oeuvres. Retenons que nous avons à mettre l'individu au cœur du nouveau dispositif. La loi doit traduire l'intérêt général, plutôt que les intérêts particuliers des artistes installés.

Egalité des conditions ne signifie pas fusion des identités. Le fait que nous soyons tous égaux ne signifie pas que nous soyons tous les mêmes. S'il fait fi des barrières géographiques, l'écosystème numérique ne fait pas disparaître les frontières culturelles, bien au contraire. Communiquer suppose de partager la même langue, cet impératif est plus vrai que jamais dans la société des écrans, où tout passe par des messages, les mots et leur sens. Vous pouvez vous balader en forêt avec un Chinois, il verra la même chose que vous, mais cette identité de perception cesse dès lors qu'on bascule derrière l'écran. Les mots (noms de domaine, menus, commandes, index, liens, textes) fondent le réel. Pour attraper une chose, il faut savoir comment elle s'appelle. La nature ne nous parle pas, alors que l'Etherciel s'adresse à nous, et ne fait même que cela. Modifiez un mot, vous modifiez les choses. L'espace est écrasé, les frontières politiques entre les Etats effacées, mais la langue reste un facteur d'identité, dont l'emprise est particulièrement forte. La bonne échelle pour une réforme en profondeur de la propriété littéraire et artistique n'est donc ni la France, ni le monde, mais la communauté de langue française à travers le monde. Pourquoi une telle réforme ?

 

 

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(1) Voir : Emmanuel Cauvin, Vers une nouvelle Cité électroniqueManuscrit (non édité), page xxxx

 Vers une nouvelle Cité électronique : en vente sur thebookedition

(impression à la demande - compter 2 à 3 semaines de délai de livraison)

Présentation générale : http://etherciel.over-blog.com/article-seconde-vie-120550252.html

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Published by etherciel
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