Overblog Suivre ce blog
Administration Créer mon blog
11 mai 2014 7 11 /05 /mai /2014 17:07

MANIFESTE POUR LE REMPLACEMENT

DU MOT "Supprimer" PAR LE MOT "Ecarter"

DANS LES LOGICIELS ET LES SYSTEMES

 

Supprimer : cette commande informatique est un mensonge. "Supprimer" entretient une illusion sur ce qui se passe réellement. Elle doit être renommée, dans tous les logiciels, tous les systèmes... pour ceux qui croient que "Supprimer" supprime.

Fichier ou Edition / Ecarter est la bonne dénomination, pour rétablir la vérité, et aider les personnes qui se téléchargent, les humanoctets, à prendre la bonne décision, au bon moment (enregistrer tel fichier, publier telle information, telle photo etc.).

Pour protéger nos libertés individuelles, nos vie privées, notre sphère intime, commençons par utiliser les bons mots. Un mot ("Supprimer") à la place d'un autre ("Ecarter"), c'est le début de nos malheurs (comme disait je ne sais plus qui... quelqu'un pourrait m'aider pour cette citation SVP ?)


Explication

 

L'environnement numérique, alias l'Etherciel, répond à des propriétés fondamentales. Ce monde créé – l'Etherciel n'est pas le ciel - comporte quelques caractéristiques innées. L'une d'elles pourrait s'appeler "loi du copier/coller" ou "principe de réplication".

Comment peut-on imaginer un instant vivre (une partie de) sa vie dans un environnement dont on ignore le fonctionnement ?

Il faut savoir où on met les pieds. Une part croissante de notre vie se passe désormais derrière les écrans, dans l'océan des octets. Attention donc, car les principes de fonctionnement sont très différents de ce que nous connaissons sur terre, dans notre environnement classique.

Nous avons déjà observé qu'envoyer un courriel revient à tirer un trait entre deux points plutôt qu'à lancer un point dans l'espace (quand le courriel est adressé à plusieurs personnes, il se crée un faisceau, un éventail). Une copie à l’arrivée, une autre au point de départ, la situation au final est la même aux deux bouts de la chaîne. Tout courrier électronique est réellement "mis en ligne". Une fois le message arrivé à destination, il est exclu de lui faire prendre le chemin du retour, alors qu’il est parfaitement possible, dans la géographie, de renvoyer une lettre à l’expéditeur. Ceci est dû au fait que le nouvel élément est une glue qui enregistre tous les mouvements, autrement dit, tout. La capacité de stockage du nouveau monde, ses limites éventuelles, restent inconnues.

Si nous en arrivons à une idée d'immensité de l'Etherciel, malgré l'écrasement de l'espace en un lieu unique, c'est par cette puissance de répéter ou de doubler quelque objet que ce soit, et de l'ajouter au précédent aussi souvent que nous voulons, sans pouvoir être arrêtés nulle part. Tout est sur place. Le gigantisme en la matière semble ne jamais devoir s’arrêter. Il y a bien une idée d'immensité dans l'Etherciel, mais c'est une immensité de stockage, pas une immensité géographique.

Quand j'émets un son dans l'air, il se diffuse puis disparaît, comme consumé. Il semble que l'air brûle les sons, aussitôt ceux-ci émis. Un vide est là, silencieux, qui ne sait même pas parler, et qui a tôt fait de vous rabattre votre caquet. L’air ne mémorise en fait rien de ce qui s’est passé, pas plus les images que les mouvements ou les sons. A l'inverse une émission dans l'Etherciel est aussitôt absorbée, conservée, mémorisée. Le nouvel élément est polycopié. La parole s’envole… et la parole reste. 

Les émissions ont ceci de particulier dans l'Etherciel qu'elles s'effectuent par réplication. Ce qui "part" est emmagasiné exactement comme ce qui arrive. Comme la lumière, le nouvel élément peut se transporter sans quitter sa base de départ.

La vie est tellement différente. Il n'y a plus de ces réalités uniques, éphémères et volatiles, un fumet d'herbes cuites sorti d'un couvercle soulevé devant la fenêtre de la cuisine des reflets du soleil à travers les feuilles de peuplier une coccinelle posée sur mon avant bras sans précaution, qui ne vont nulle part, qui éclatent et disparaissent aussitôt, pour ne plus jamais revenir.

Dans l'Etherciel, la touche "Enregistrer" est appuyée en permanence.

Pour bien comprendre la portée de ce principe physique, il convient de se rappeler que sur Terre, à l'inverse de ce qui se passe dans l'Etherciel, la réalité n'est pas duplicable. Chaque objet occupe une place, sa place dans l’espace. Une chose est posée là et pas ailleurs. Un point c'est tout ! L'espace est une machine à séparer, créer des différences. Les objets ne connaissent pas le même sort, les mêmes conditions matérielles, selon l'endroit où ils sont placés (dehors ou à l'abri, etc…). Ils sont indépendants les uns des autres. Chaque livre de ma bibliothèque, chaque caillou de l'allée qui traverse mon jardin a sa propre histoire. Deux gouttes d’eau se ressemblent peut-être, elles n’en sont pas moins deux (2). La même petite portion d'espace ne peut être occupée qu'une fois par une certaine goutte. Même en ce qui concerne les images, il y a les copies, et il y a les originaux. Rien de tel dans l'Etherciel, où la seule chose qui compte c'est d'avoir un objet, ou pas. Après, la quantité dont on dispose (le nombre d'exemplaires de cet objet) n'a aucune importance.

Les copies sont à l’humanoctet ce que le froid est à l’esquimau, elles appartiennent au milieu.

Un mot inconnu dans le nouveau monde : restitution. Ouvrez un objet, il se dédoublera à perte de vue. On peut parfois avoir cette impression que le matériau prend soin de lui-même. Comme s'il cherchait à se protéger. Comme s'il lui fallait absolument saisir la moindre opportunité pour aller s'ancrer partout et toujours. Restituer un objet n'a aucun sens.

Ce principe de copie et recopie signifie aussi qu'il est vain de chercher à supprimer un objet, une personne, ou les traces d’un fait quelconque qui s’est effectivement produit. Pour y parvenir, il faudrait détruire toutes les traces, toutes les copies, les copies de copies, les copies de copies de copies... ce qui est impossible. On ne traverse pas l'Etherciel. Une fois qu'on y a mis un pied, il est inutile de chercher à s'en dépêtrer. L'Etherciel est un puits sans fond, qui garde tout et ne recrache rien. "Supprimer" un exemplaire d'un objet d'étherciel est une action sans effet sur l'existence de cet objet. Les commandes de destruction proposées dans les menus des logiciels sont illusoires.

Pour dire la vérité, il conviendrait de remplacer "Fichier/Supprimer" par "Fichier/Ecarter", plus conforme à la réalité, car de suppression il n'y en a point. Fichier/Ecarter serait plus honnête. Tout s'entasse, l'ancien comme le récent, indistinctement. Un jour ou l'autre, tout peut ressortir. Après un "delete" ("suppression") il y a toujours un "undelete" (rétablissement) quelque part, et même en cas de "delete" définitif sur une copie, il y a toujours une copie de copie qui traîne dans un coin.

La sauvegarde n'est pas une décision humaine, mais un comportement de la matière.

Le moment est venu d'en tirer les conclusions et d'appeler un chat un chat.


Fichier ou Edition / Supprimer : cette commande informatique est un mensonge.


Ecarter est la bonne dénomination, pour rétablir la vérité, et aider les humanoctets à prendre la bonne décision, au bon moment.

 

Supprimons Supprimer !


Conclusion

 

Ce monde n'est pas un monde enchanté, où tout est beau, simple et sympa.  Il est temps de reprendre le contrôle, le contrôle du cours de nos vies, dans les flux numériques. Pour cela, nous avons besoin de mots, des mots nouveaux, comme l'Etherciel, ou des mots anciens, mais utilisés à bon escient.

Tout passera par les mots, dans cette grande machine mathématique qu’est l’Étherciel.

 

Emmanuel Cauvin, Blogueur Mondain, Homme politique

Dernière Modification le 3 juin 14

 

 

Repost 0
Published by etherciel
commenter cet article